Si vous m’aviez dit il y a de ça quelques années en arrière, que je serais reconnaissant d’avoir eu une phobie sociale, j’aurai sans doute ris jaune.

La phobie sociale a rythmée toute mon adolescence et ma période de jeune adulte. Pendant longtemps, j’ai eu le sentiment d’avoir manqué une partie importante de ma vie et je voulais désespérément vivre les expériences de tout le monde autour de moi.

Il est facile de haïr votre maladie mentale, comme je l’ai fait pendant des années. Je voulais juste que ça disparaisse et le fait que ça dure depuis si longtemps m’a déchiré à l’intérieur.

Aujourd’hui, j’ai enfin vécu ce que j’appelle la renaissance. Etant guéris, j’ai pu prendre assez de recul pour réfléchir sur cette phobie sociale qui m’a accompagné tout au long de mon existence. Et cette réflexion m’a appris que mon expérience avec l’anxiété sociale n’est pas une chose qui me blesse et que je ne la considère certainement pas comme injuste. En fait, cela m’a rendu reconnaissant.

Hein ? Quoi? En quoi la phobie sociale vous a rendu reconnaissant ?!“. Je vous entends déjà crier d’étonnement.

Eh bien, laissez-moi vous dire, pendant que je caresse ma longue barbe blanche imaginaire pour vous convaincre que je suis vieux et sage maintenant…

1. Etre reconnaissant pour les choses que d’autres personnes considéreraient comme banales

Lorsque je monte donc dans un bus pour un trajet de 10 minutes ou réponds à un appel sans paniquer et à chaque fois, je suis reconnaissant. 

Des choses qu’il ne m’était pas possible de faire à cause de ma phobie sociale et avec lesquelles j’ai appris à être à l’aise, comme avoir une conversation, aller au magasin tout seul, prendre les transports en commun ou prendre un colis…

Ce sont toutes des choses pour lesquelles je suis reconnaissant chaque fois que je suis capable de les faire. Je suis reconnaissant pour les choses super banales que la plupart des gens se plaignent de devoir faire juste parce que je suis capable de les faire, parce que je me souviens de ce que c’est que de ne même pas pouvoir quitter la maison du tout.

2. Se sentir gagnant

Chaque fois que vous faites quelque chose qui vous terrifie et que vous réussissez malgré tout, c’est un exploit énorme.

Je ressens toujours un sentiment d’accomplissement chaque fois que je quitte mon domicile, car chaque interaction sociale, chaque lieu dans lequel j’entre, chaque personne à qui je suis capable de parler est une réussite pour moi.

3. Savoir qui je suis

Au fur et à mesure que ma confiance en moi grandissait et que je guérissais de ma phobie sociale, ma vraie personnalité se révélait petit à petit. 

Toutes ces années où je pensais être calme et timide… Alors qu’enfait, je suis plutôt extraverti, j’aime faire la fête et rencontrer des gens partout ou je me rends.

 J’ai adoré apprendre qui je suis vraiment et devenir mon vrai moi a été un voyage incroyable.

4. J’ai appris à faire preuve d’empathie envers les autres

Avoir une maladie mentale vous enseigne l’empathie et la compassion parce que vous réalisez que les gens peuvent souffrir de différentes manières et sans que cela soit évident. 

Vous savez également ce que signifie lutter, et ça vous rend plus conscient de la douleur des autres. J’en suis vraiment reconnaissant pour ça. Je détesterais être quelqu’un qui se fiche de la souffrance des autres.

Un autre avantage, c’est que la phobie sociale m’a donné une empathie qui fait que je ressens lorsqu’une personne n’est pas très bien. Je peux me mettre à sa place, et essayer de la mettre à l’aise dans le moment présent.

5. Connaître ma force

La phobie sociale me rendait pathétique et faible et je me disais souvent que j’étais nul en tous points, c’était une bataille constante entre moi et ma tête. 

La vérité est que j’étais fort. J’ai quitté la maison à des moments où je pensais que je ne pouvais pas y faire face. Je me suis retrouvé dans des situations qui faisaient palpiter mon cœur, me faisaient transpirer à grosse goutte, ou je tremblais de tout mon corps et ou j’avais mal au ventre. 

Je n’étais pas faible du tout. Finalement, je faisais face tous les jours à mes plus grandes peurs.

C’est ce pour quoi je suis reconnaissant d’avoir pris connaissance de ma propre force, car maintenant si quelqu’un me demande de faire quelque chose ou qu’une opportunité se présente, je sais que même si c’est effrayant, je peux et vais le faire !