Phobie sociale et traitement médicamenteux ne font pas bon ménage. 

Ou l’inverse ? 

Vous ne savez pas trop quoi penser. Vous entendez tout et son contraire. 

Par ce que vous avez lu que les médicaments étaient dangereux, notamment les antidépresseurs.

Vous avez entendu que les médicaments étaient indispensables pour guérir de la phobie sociale. 

En bref, vous êtes paumé. 

Quel parti prendre ? Ou vous diriger ? 

C’est vrai qu’aujourd’hui, les arguments contre l’usage de médicaments pour les phobiques sociaux se multiplient. 

Mais pour autant, faut-il complètement les bannir ? 

Voici donc un article qui vous permettra de vous faire votre propre opinion, et vous donnera les différents types de médicaments qui peuvent agir sur une personne atteinte de phobie sociale

Mélange entre données scientifiques et mon expérience personnelle, choisissez par vous-même.

Phobie sociale et traitement médicamenteux : conclusion introductive

J’ai choisi de vous donner la conclusion en introduction. 

Pourquoi ? 

Par ce que ça m’amuse. 

Non, plus sérieusement, car vous serez averti directement de ce que vous permettra un traitement médicamenteux. 

Ainsi, vous n’aurez pas le temps des faux espoirs.

Dans le traitement de la phobie sociale, les médicaments servent de béquille. 

Ils peuvent faciliter le changement, tant que vous n’êtes pas vraiment capable de le prendre en charge seul. 

Mais attention. 

Les médicaments ne se suffisent jamais entièrement à eux-mêmes. 

La pilule contre la peur des autres n’est pas encore inventée, si elle doit l’être un jour… 

Si vous êtes victime de phobie sociale, sachez une chose : les médicaments ne vous guériront nullement de votre phobie

Ils se contenteront de diminuer vos symptômes, rien de plus. Ainsi, si vous choisissez de prendre tout de même des médicaments, il est très fortement conseillé d’allier une thérapie cognitive et comportementale (TCC) en parallèle. 

C’est elle qui vous guérira vraiment de vos troubles

Voilà. Maintenant que vous êtes prévenu, voyons les différents types de médicaments attribués aux phobiques sociaux.

Phobie sociale et traitement médicamenteux : les bêtabloquants

phobie sociale et traitement médicamenteux

Ce sont des médicaments utilisés au départ en cardiologie. 

Ils servaient à lutter contre l’hypertension artérielle, l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, mais aussi contre la migraine. 

Comment ça marche ?

Les cardiologues qui les prescrivaient avaient depuis longtemps identifié leurs effets psychologiques favorables chez certains de leurs patients. 

Leur utilisation en psychiatrie a été progressivement introduite à partir de 1966, date de la première étude contrôlée réalisée à cet égard. 

On admet communément aujourd’hui qu’ils permettent de réduire certaines manifestations physiologiques liées à la phobie sociale. 

Vous savez, les symptômes comme la tachycardie, les tremblements, transpiration, etc.

En fait, cette appellation vient de leur mode d’action sur de petites zones situées sur divers organes : les « récepteurs bêta »

C’est là que l’hormone du stress, comme la noradrénaline et surtout l’adrénaline, agit.

Accélérant le rythme cardiaque, elles provoquent une transpiration excessive et une sécheresse de la bouche (entre autres). 

Les bêtabloquants empêchent ces hormones de développer leurs effets. 

Des réducteurs de trac ?

Une chose est sûre, c’est que les effets sont là. 

J’ai pendant plusieurs mois pris des bêtabloquants avant d’affronter des situations angoissantes

Et j’ai nettement vu la différence. 

Le cœur qui bat moins vite, les mains beaucoup moins moites, plus de tremblements. 

J’avais également moins de bouffées de chaleur, et je me sentais donc plus à l’abri de faire une crise de panique

Mais bon, je savais malgré moi qu’ils ne me soignaient aucunement. Les bêtabloquants se contentaient juste de diminuer mes symptômes. 

Pouvez-vous en prendre ?

Attention, les bêtabloquants ne doivent pas être maniés à la légère

Ils comportent en particulier un certain nombre de contre-indications. Comme certains troubles cardiaques, l’asthme, l’association à certains autres médicaments, etc. 

Ils ne peuvent donc être prescrits que par un médecin qui a vérifié ces différents points sur votre propre personne.

Les bêtabloquants ne sont efficaces que chez les personnes anxieuses. 

Ils n’amélioreront pas la performance de personnes ne connaissant pas ces problèmes. 

Si vous ne souffrez pas de phobie sociale AVEC anxiété de performance, alors ils vous seront peu utiles. 

Ils sont peu efficaces dans les cas de phobies sociales généralisées, de personnalité évitante, ou d’appréhensions sans trac. Faites bien attention.

En tout état de cause, vous devez prendre une dose une à deux heures avant la situation qui pose problème. L’effet dure quelques heures, en fonction des molécules utilisées. 

Nota bene : plus vous en prendrez, et moins les effets se feront sentir. Votre corps s’habituera à force. Alors, n’en exagérez pas.

Bêtabloquants : mode d’emploi 

  1. Les bêtabloquants ne doivent être utilisés qu’après avis médical (il existe des contre-indications) 
  2. Ils n’ont d’intérêt que dans l’anxiété de performance invalidante (par exemple, forte angoisse lors des prises de parole en public) et sont peu utiles dans les cas de phobie sociale généralisée ou de timidité. 
  3. Ces médicaments doivent être pris une heure environ avant la situation sociale anxiogène.  
  4. Ils ne diminuent pas, dans un premier temps, la sensation subjective d’anxiété psychologique, ni l’anxiété anticipative. 
  5. Par contre, ils limitent fortement les sensations physiques d’anxiété (accélération du rythme cardiaque, gorge serrée, barre sur la poitrine, etc.).     
  6. De ce fait, la spirale anxieuse est désamorcée (l’attention est moins accaparée par les signes de trac, et peut se reporter sur ce qu’on a à dire ou à faire). L’anxiété sociale reprend un niveau normal, et redevient  gérable. 

L’utilisation des bêtabloquants est encore relativement limitée en France, les tranquillisants étant encore les plus facilement prescrits. 

Phobie sociale et traitement médicamenteux : les tranquillisants

Absorber des tranquillisants pour diminuer votre phobie sociale pourrait vous paraître logique. 

En fait, leur efficacité à cet égard est assez limitée

Les benzodiazépines, nom scientifique des tranquillisants les plus utilisés, sont des médicaments capables de réduire les manifestations psychologiques de l’anxiété. 

Voir certaines manifestations physiques, notamment la tension musculaire. 

Ils peuvent diminuer votre sensation subjective d’anxiété, mais n’auront guère d’influence sur votre comportement relationnel.

Quels sont les effets ?

Si vous décidez de prendre des tranquillisants, vous vous sentirez mieux

Mais vous ne chercherez pas forcément à communiquer et à affronter le regard des autres davantage qu’auparavant. 

Vous persisterez dans vos stratégies d’évitement. 

Alors, me diriez-vous, à quoi bon en prendre si c’est pour rester enfermé chez soi ? Il n’y a pas d’utilité à cela.

Et vous avez raison.

Dans certains cas, les benzodiazépines peuvent même renforcer cette tendance à éviter les situations angoissantes, et attiser l’anxiété au moment de l’arrêt du traitement. 

C’est ce qu’on appelle « l’effet rebond« . 

Une dépendance à prendre en compte

De plus, les benzodiazépines entraînent une certaine dépendance et leur effet s’atténue avec le temps. 

C’est la raison pour laquelle on déconseille de plus en plus de les prescrire pour la phobie sociale, sauf pour une durée limitée. 

Les médecins ne les utilisent actuellement qu’en cas de forte anxiété généralisée associée à la phobie sociale. 

Phobie sociale et traitement médicamenteux : les antidépresseurs

phobie sociale traitement

Il peut vous sembler illogique de prescrire des antidépresseurs à des phobiques sociaux. Du moins tant que ceux-ci ne sont pas déprimés. 

Pourtant, de nombreux travaux ont démontré l’efficacité des antidépresseurs sur la phobie sociale.

Toutes les catégories d’antidépresseurs ne sont pas aussi efficaces. Les antidépresseurs traditionnels paraissent ainsi, au vu de la majorité des études, assez peu pertinents. 

En revanche, certains IMAO (inhibiteurs de la monoamineoxydase, petite enzyme cérébrale impliquée dans la régulation de l’humeur et donc dans la dépression) sont particulièrement adaptés au traitement des formes sévères de phobie sociale.

Il est à ce propos intéressant de constater que ce traitement médicamenteux est aussi celui qui donne les meilleurs résultats dans le traitement de formes particulières de dépression. 

Ce n’est certainement pas un hasard. 

Phobie sociale et traitement médicamenteux : mon expérience

J’ai commencé à prendre des médicaments le lendemain de mon rendez-vous avec le psychiatre. 

Si vous voulez savoir ce qu’il s’est passé avant ce rendez-vous, je vous invite à lire l’article je souffre de phobie sociale, qui n’est rien d’autre que mon témoignage. 

Je prenais alors trois types de médicaments. Les trois listés dans cet article. Comme quoi, je ne les aie pas tirés de mon chapeau par hasard !

Antidépresseurs

J’ai commencé directement un traitement médicamenteux à base d’antidépresseur, du @Seroplex.

D’abord 10mg, puis 15, avant de monter à la dose maximale, 20mg. 

Quels en ont été les effets ? 

A noter déjà que les effets sont au maximum deux mois après le début du traitement. 

Et au bout de 2 mois effectivement, j’ai senti quelques différences. 

Mes crises de paralysie du sommeil ont totalement disparu. Ç’a été le plus gros effet. Et il était radical. 

Moi qui faisais plusieurs crises par soir, elles se sont volatilisées dès la première semaine. 

Mais… n’ai-je pas dit que les effets commençaient au bout de deux mois ? 

Si, et voilà pourquoi. 

Tranquillisant

En parallèle, j’ai pris pendant deux mois des tranquillisants. 

Oui, deux mois. 

Vous avez fait le rapprochement ? 

Le tranquillisant me permettrait de réduire mes symptômes d’anxiété en attendant que l’antidépresseur fasse effet. 

Il a donc réussi à faire disparaître mes crises de paralysie du sommeil. 

C’était du @Vératran.

Je l’ai arrêté depuis, car il existe un risque de dépendance. 

Bêtabloquant 

Voilà le troisième type de médicament. Du @Propranolol 40mg.

C’est sans doute celui qui m’a fait le plus d’effet. Avant un rendez-vous amoureux, un comprimé me permettait de diminuer significativement les symptômes d’anxiété. 

Mon coeur battait (un peu) moins fort. 

Mes mains étaient moins moites (essayez de répéter cette phrase plusieurs fois). 

Ma respiration plus régulière. 

Bref, les effets positifs m’ont aidé dans quelques situations. 

Au final, et ce que mon traitement médicamenteux m’a aidé ? 

Vous allez être déçu. 

Je ne vais pas vous dire oui. 

Et je ne vais pas vous dire non. 

Les antidépresseurs et les tranquillisants ont fait disparaître mes crises de paralysie du sommeil. 

Ce qui veut sans doute dire que mon anxiété était plus ou moins contrôlée. 

Mais c’est à peu près tout. Je n’ai pas vu de grand changement en prenant ces médicaments. 

Et compte tenu des effets négatifs sur la santé, étaient-ils vraiment indispensables ? 

Je ne pense pas. 

La preuve. 

Si vous avez lu mon témoignage, vous savez que j’ai réussi à vaincre ma phobie sociale en arrêtant mon traitement du jour au lendemain. 

Mais je suis honnête. 

Je n’ai pas envie de prendre parti, pour la simple et bonne raison qu’il y a des pour et des contres. Les bêtabloquants m’ont quand même aidé dans quelques situations que je ne pouvais éviter. 

Garder seulement une chose en tête : les médicaments ne font que camoufler vos symptômes, en aucun cas ils ne vous guérissent. 

Ils ne sont qu’une solution à court terme, si c’en est une… 

Alors, si vous voulez en savoir plus sur comment vaincre votre phobie sociale de manière naturelle, je vous mets à disposition une série de vidéos gratuite ou je vous raconte étape par étape comment vous en sortir.

Vous pouvez cliquer ici pour y accéder

On se retrouve de l’autre côté, à tout de suite !

    5 replies to "Phobie sociale et traitement médicamenteux : que prendre ?"

    • Julien Prec

      J’ai moi aussi décidé d’arrêter les médicaments… bien que les antidépresseurs m’ont fait un peu d’effet, ont est pas sur des effets négatifs derrière, et si ca vaut vraiment le coup de se pourrir la santé plus que nécessaire…

      J’essaye d’utiliser des méthodes naturelles, mais bon, c’est pas ça… je sais que mon meilleur moyen d’en sortir repose sur la TCC.

    • Nicolas Depreneuf

      Super article !

      Tu ne prend pas trop partit, comme c’est souvent le cas, on voit toujours des pro et des anti médocs.

      Comme tu le dis, je pense que c’est la vérité. Les médocs peuvent aider au début, mais sur le long therme, ils ne soignent pas et peuvent même avoir des effets désastreux.

    • Offman42

      Merci de m’avoir éclairé dessus, c’est à peu près ce que je pensais

    • Fabien G

      WOUAOU ! Génial ton article !
      Quand j’ai vu le titre je me suis tout de suite dis « où il veut nous ammener aujourd’hui l’ami Quentin… » 🙂 Et la conclusion est au top du top bravo !

    • Quentin Haguet

      Avec plaisir Fabien 😊

Dites moi votre avis !